Écologie et origines
L'Antirrhinum majus est originaire de la Méditerranée occidentale — des collines rocheuses et des maquis secs du sud de l'Europe, de la péninsule Ibérique au sud de la France et de l'Italie — où il colonise avec une facilité déconcertante les vieux murs, les berges pierreuses et les terrains remués.
Cette espèce est cultivée depuis le XVe siècle, suffisamment longtemps pour s'être ancrée dans la mémoire collective du jardinage européen.
« Black Prince » est une variété ancienne à l'histoire prestigieuse. Ce trésor, datant d'environ 1900, n'a jamais perdu de sa popularité : cultivée et transmise depuis un siècle par les jardiniers, elle constitue la plus belle preuve de sa valeur.
Cette espèce se développe de façon optimale entre 17 et 25 °C, tolère un certain gel et fleurit rapidement à partir de graines en 3 à 4 mois. Bien que vivace par nature, elle est généralement cultivée comme annuelle ou bisannuelle, notamment dans les régions plus froides. Elle prospère en plein soleil ou à mi-ombre dans tout sol bien drainé et raisonnablement fertile, et est particulièrement résistante aux cerfs et aux lapins ; le goût amer de son feuillage mature étant apparemment peu appétissant, même pour les visiteurs de jardin les plus déterminés.
Morphologie florale
Antirrhinum majus est une plante herbacée vivace atteignant 50 à 100 cm de hauteur. Ses feuilles, disposées en spirale, sont largement lancéolées et mesurent de 1 à 7 cm de long. La partie supérieure de la tige est glanduleuse et parfois ligneuse vers la base.
Chez ‘Black Prince’, le feuillage est d'un vert bronze profond et brillant qui fonce encore pour devenir bronze violacé par temps frais d'automne – une métamorphose vivante qui rend la plante fascinante avant même l'éclosion de la première fleur. Au-dessus de ce feuillage sombre s'élèvent des épis denses de fleurs d'un pourpre intense, presque noir.
Les fleurs, tubulaires et à symétrie bilatérale — bilabiées, la forme zygomorphe classique —, s'épanouissent solitaires ou en grappes terminales durant l'été et l'automne. La lèvre supérieure est bilobée, la lèvre inférieure trilobée, avec un palais saillant qui ferme le cotyle et oblige les bourdons — suffisamment lourds pour l'ouvrir — à frotter les étamines en y pénétrant. Ce mécanisme d'une précision extrême, fruit de millénaires d'évolution, fonctionne encore à merveille.
Le nom commun « muflier » provient directement de cette structure : en pressant les côtés de la fleur, la bouche s'ouvre brusquement comme la mâchoire d'un dragon – un détail qui enchante les enfants depuis des générations et qui ne montre aucun signe de perte de charme.
Les fleurs dégagent un léger parfum de cannelle, particulièrement perceptible lors des douces soirées d'été, lorsque la plante entière semble exhaler un parfum épicé délicat dans le jardin.